Artemisia ou la Vagabonde

Artemisia ou la Vagabonde

cascade de Xoroxine

 

 

Azpikueta

 

La route vers Xorroxin était donc l’excuse parfaite pour se perdre dans les rues de ce petit confetti posé dans la vallée de Baztan. Une trentaine de maisons, une centaine d’habitants, village de naissance du Saint François-Xavier. Rien d’attrayant sur le papier pour le touriste, mais un « rien » parfait pour le curieux.

 

Une rue principale en lacet, à la pente raide, des sons étouffés de télé, de radio qui s’échappent par les fenêtres des maisons brunes, typiquement navarraises. On dépose notre carrosse au pied d’une maison carrée, antiquement délabrée, à vendre, au pied d’un terrain maraicher, et d’une vue dégagée sur la vallée de Baztan.

 

On ne croise pas grand monde, hormis quelques habitants au sourire disant toute la (bonne) surprise de voir des curieux s’aventurer ici. Azpilkueta est paisible, calme,

 

On ne croise pas grand monde, hormis quelques habitants au sourire disant toute la (bonne) surprise de voir des curieux s’aventurer ici. Azpilkueta est paisible,

calme,

Un seul panneau de direction, aucune idée du temps, de la distance, on est sorti d’Erratzu par une petite route pour traverser des plaines presque vierges, balayées de quelques moutons par-ci, par-là.

Arrivés jusqu’à la petite chapelle de Gorostapolo, on a bifurqué à gauche, pour quitter le bitume, et s’enfoncer dans la fraicheur de la forêt. On a alors retrouvé la végétation printanière, où les couleurs vivifiantes venaient pointer le bout de leur nez au milieu de ces aplats de vert chlorophylle.

 

 

De Gorostapolo il existe plusieurs chemins, plusieurs balades, dont une qui file directement au pied de la cascade de Xorroxin, et une autre qui passe par les hauteurs, menant le promeneur aux pieds d’innombrables menhirs et dolmens. Ne sachant pas trop, on a filé en ligne droite, sur un chemin sans difficulté, plaisant par la beauté de ses paysages alentours, de sa végétation, des tableaux de nature morte qu’il offrait à chaque pas.

 

 

Enjambant la rivière Baztan via un pont, le chemin s’est fait plus serré, plus sinueux, pour l’instant on n’avait quasiment jamais croisé, ni même entendu le bruissement de l’eau, et puis soudain, elle était là. Majestueuse, déversant ses hectolitres d’eau limpide au pied du mont Autza.

 

Il faut le noter, la randonnée qui mène à Xorroxin est plutôt du genre « familiale ». Un bon prétexte pour une balade digestive ou pour faire dégourdir les pattes aux gamins venus de la proche Pampelune ou d’ailleurs. On n’était donc pas tout seuls pour admirer ce petit bijou poli de la nature.

 

Je vais en profiter pour vous raconter une histoire. Xorroxin n’est pas exempte de légendes, d’histoires. Ici aussi, comme à Harpea, on peut observer la présence de laminak, ces femmes poissons se lissant les cheveux d’un peigne d’or. Le petit bassin dans lequel la cascade vient mourir avant de se transformer en ruisseau, se nomme Lamiputzu, la mare des laminak. Ça ne s’invente pas.

On raconte d’autres histoires encore sur la montagne Autza et les forêts de Baztan, habitat de la déesse Mari, mais aussi d’Herensuge et Sugaar, le couple mythologique le plus important du bestiaire basque. Aux allures de serpents, ils sont les parents du Soleil de la Lune.

 

 

J’essaye de me faufiler au milieu de la rivière Baztan sans en tremper mes chaussures pour tenter de l’immortaliser. Ici, la rivière est calme, une vingtaine de kilomètres plus loin, elle viendra se jeter dans les bras de la Bidassoa, le fleuve frontière entre la France et l’Espagne qui lui même viendra mourir dans l’Océan Atlantique au niveau de la baie de Txingudi entre Hendaye et Hondarribia.

Le niveau bas de la rivière donne tout le loisir d’observer les racines entremêlées des arbres majestueux qui la borde. Xorroxin est magnifique, tout comme sa petite sœur qui vient se jeter à quelques mètres en aval. Plus petite, plus modeste, mais tout aussi belle.

 

On est bien là.

Tellement bien qu’on y est resté plusieurs heures, sans s’en rendre compte, comme aspirés par la beauté des lieux. Difficilement, calmement, on a remonté le chemin, indiqué à d’autres curieux la bonne route, et retrouver les ruelles étroites d’Erratzu, bien contents d’avoir fait le chemin, bien contents d’avoir enfin vu la beauté de Xorroxin.

 



03/07/2019
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